Déclaration liminaire de la FNEC-FP-FO66 : CSA-SD du 13 mars 2026

Madame la DASEN, mesdames et messieurs les membres de ce CSA-SD66.

Comme nous l’énoncions dans notre déclaration au CSA-SD des dotations aux collèges du 11 février dernier, les conséquences pratiques du budget de ce gouvernement sont à présent sous nos yeux, et elles sont effectivement catastrophiques.

Dans notre département, en effet – et alors que la situation sociale est on ne peut plus désastreuse, avec 25 % de la population sous le seuil de pauvreté et plus de 60 % des ménages bénéficiaires d’aides sociales – il s’agit de supprimer ni plus ni moins que 12 postes équivalents temps plein à la rentrée prochaine. Ainsi, de nouveau, après que l’an passé 12 postes  – dont 5 occupés – aient été annoncés à suppression, cette année ce sont encore 11 postes – dont 6 occupés, qui sont envisagés à fermeture. Mais de surcroît, seules deux créations sont proposées. Les exigences de diminution de coûts en heures-postes sont tellement fortes, que les services en sont à envisager d’acter des suppressions de postes quand il reste 15 heures de besoins dans l’établissement, alors que les maxima hebdomadaires du service à temps plein d’un enseignant certifié sont de 18 heures. Ou pire encore, peut-être: à acter des fermetures de postes en Physique-Chimie ou des compléments de services situés à plus de 30 kms et 35 mins de route alors que des heures sont attribuées à des enseignants d’une autre discipline dans l’établissement mitoyen. Comment accepter une telle remise en cause de la réglementation ? L’ensemble des mesures envisagées apparaissent comme ayant pour unique objet de se conformer à l’enveloppe budgétaire allouée au département, au mépris total de la dégradation des conditions de travail des enseignants et au droit des élèves à l’ensemble des heures d’enseignement qui leur sont dues. En conséquence, on voit apparaître de plus en plus de couplages de morceaux de postes entre établissements, ce qui va inéluctablement empirer les services de tous les enseignants et de leurs élèves. En effet, dans de plus en plus de disciplines, de plus en plus d’établissements vont avoir à se coordonner pour organiser conjointement les services partagés des enseignants, et donc désorganiser le reste des services en fonction de cela. Qui plus est, ces compléments de service hors de l’établissement d’affectation ne sont plus prioritairement organisés pour éviter des trajets longs et donc des risques d’accident accrus des personnels, mais principalement choisis afin de maximiser le nombre d’heures devant élèves réalisés par les personnels, dans le mépris même de leur droit à minoration de service d’une heure pour la prise en compte de la multiplication de leurs trajets. Toutes ces pseudos économies de bouts de chandelle risquent fort de coûter plus cher encore s’il faut faire appel à des contractuels supplémentaires pour pallier l’incapacité des personnels à rester en bonne santé suffisante pour assurer leurs missions dans de telles conditions, ou d’empirer encore le nombre d’heures statutaires non-offertes aux élèves en organisant une valse des TZR en fonction de l’expression de colère des parents d’élèves. Pour conclure, ces choix budgétaires encouragent de fait les familles qui en ont les moyens à inscrire leurs enfants dans l’enseignement privé/à se tourner vers le privé. Comment ensuite oser parler de mixité sociale ? La solution à la mixité sociale, c’est le respect des horaires pour toutes les disciplines et options, dont le Catalan. La solution à la souveraineté industrielle, c’est d’abord le rétablissement de la Technologie en sixième. La solution à la diminution des arrêts maladie et à la continuité pédagogique, c’est le maintien de tous les postes et la réduction du nombre d’élèves par classe et par groupe.

La FNEC-FP-Force Ouvrière des Pyrénées orientales vous demande solennellement de revenir sur les propositions de suppression et d’envisager le plus grand nombre possible des créations de postes par la refonte de certains Compléments de services et/ou le couplage de BMP pérennes même quand cela occasionne à ce stade quelques heures en deçà des maxima hebdomadaires de service. Il en va du maintien de conditions de travail acceptables et y compris de la santé de nombreux personnels dont on ne peut risquer la vie sur les routes pour économiser quelques heures-postes budgétaires.

Bien sûr, pour la FNEC-FP-FO66 continuera à porter avec les personnels leurs revendications légitimes :

  • l’augmentation sans délai ni aucune contre-partie du point d’indice de 10 % et l’ouverture immédiate de négociations pour le rattrapage des 32,5 % de salaire qui leur ont été volés par les gouvernements successifs depuis l’année 2000,
  • l’ouverture massive de concours de recrutement à Bac +3 dans toutes les disciplines permettant d’assurer le droit de tous les élèves de la maternelle au Baccalauréat à l’ensemble des enseignements horaires inscrits dans la loi grâce au remplacement de tous les enseignants absents toute l’année dans tous les établissements, et la diminution du nombre d’élèves à 24 dans toutes les classes de maternelle, élémentaire, et collège, 20 dans toutes les classes en éducation prioritaire dont 12 en grande section, CP et CE1,
  • l’abrogation du jour de carence, le rétablissement du versement intégral du salaire durant toute la durée du Congé de Maladie Ordinaire,
  • Le recrutement des centaines de Médecins de prévention manquant sur le territoire, dont au moins 4 dans notre académie pour couvrir chaque département et répondre aux besoins sans cesse accrus d’accompagnement de personnels fragilisés ou en situation de handicap,
  • le rétablissement immédiat de la technologie en sixième,
  • la suppression de l’aide au détournement de la carte scolaire en stoppant net tout financement des établissements privés : pas un euro public pour l’école privée.

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